IL FIORE SPLENDENTE |Credits | LYRIK und FOTOS [pdf-Datei 2,5 Mb]


1. Preludio | 2. Un solo bacio | 3. Corro con te | 4. Calice | 5. A Ibn Hamdis | 6. Aiuto il liquore e ti da gioia | 7. Una luna | 8. È così snello | 9. Fin quando durerà il mio esilio | 10. Sicilia mia | 11. Jànchi | 12. Non credete | 13. Apparve |
 


 | 1.  Preludio ~

Poème: ~ + Adaptation: ~
Musique: Etta Scollo

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 | 2.  Un solo bacio ~ Un seul baiser

Poème: Ibn At-T?bî + Adaptation: Toti Scialoja
Musique: Etta Scollo
Dans sa bouche brillent des perles
incluses dans la courbe du camée.
Les lames affûtées des cils
sont une fine épée à deux tranchants.
Un seul baiser sur cette bouche
ouvre le chemin de la peur.
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 | 3.  Corro con te ~ Je cours avec toi

Poème: Ibn Hamdis + Adaptation: Alfredo Giuliani
Musique: Etta Scollo, Peter Hinderthür
Je cours avec toi au-devant de tes vingt ans
et entre nous s’ouvre cette étendue de trente ans
qui, dit-on, avance pour l‘homme à reculons.
Si telle doit être la bonne direction
je continuerai à courir avec toi à reculons.
Je saisis le désir me traînant
sur les yeux et sur le nez.
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 | 4.  Calice ~ Calice

Poème: Ab?'Alî al-Husayn + Adaptation: Valerio Magrelli
Musique: Etta Scollo, Giovanni Sollima
Peut-être un calice conique plein à ras bord
d’un breuvage brille-t-il comme la lumière du matin.
Comme s’il avait en son centre un charbon ardent
qui le brise avec ses étincelles.
Rappelle-toi ce que tu vois, pense au miracle
de l’union de l’eau avec le feu.
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 | 5.  A Ibn Hamdis ~ A Ibn Hamdis

Poème: Jano Burgaretta + Adaptation: Jano Burgaretta
Musique: Etta Scollo
Qui nous aurait dit,
à nous, fange du monde,
que cette terre,
torturée, piétinée et maudite par tous,
se muerait en pont et en paradis
pour les fripons et les va-nu-pieds
une fois encore chassés,
après un temps aussi long
sans pluie ni nuages lourds d’ondées
suspendus dans le ciel d’azur
qui, tel un brasier ardent, reste gravé
dans les yeux éteints de Hamdis ?
Mon frère à jamais exilé,
Ibn plein d’amour et inconsolé,
les vastes et luxuriants jardins
que tu a vus de la mer ont été perdus.
La terre est aride et couverte de fissures anciennes.
Si tu es vraiment revenu, comme tu l’as dit,
ton esprit se serait troublé de tout cela.
Cette maison à Noto est tout en ruines;
Dieu s’est montré là insensible.
Traces de souris, de chiens de troupeaux
et de voleurs endurcis qui farfouillent et se gavent à l’envi.
Hier tes cousins sont arrivés,
ceux de Tunis et de Manille.
Ils ontété chassés tous d’un coup
au nom de la loi des brigands,
ceux-là même qui ont le droit pour eux
et qui sont les seuls à brûler d‘envie
de venir dans cet enfer de feu et de poison coagulé
où chaque passant, même venu de loin,
crache et vomit de fielleuses sentences.
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 | 6.  Aiuto il liquore e ti da gioia ~ La liqueur t’aide et t‘apporte de la joie

Poème: Ibn AlQattâ + Adaptation: Maurizio Cucchi
Musique: Etta Scollo
La liqueur t’aide et t’apporte de la joie,
cesse donc de monter les jeunes et vigoureux chameaux.
Ne verse plus de larmes
sur un lieu de bivouac désormais détruit,
même les ruines ont disparu,
et viens de bon matin vers le vin
sur lequel ont déjà passé
des années et des années.
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 | 7.  Una luna ~ Une lune

Poème: Alî Al-Billan?bî + Adaptation: Patrizia Valduga
Musique: Etta Scollo
Une lune! Et j’ai vécu avec elle;
ma vie est désormais la mort.
Elle pleurait de mes plaintes
ainsi je ne me plaignais plus.
J‘avais déjà blessé son coeur
avec mes accusations et je l’ai guéri.
Et puis quand la nuit noire me domina,
je la dépassai.
L’ayant couronnée de mon turban,
je la contemplai sans voile.
Et pour elle, je tissai des étoffes précieuses
dont je la drapai toute entière.
Je brodai des signes, mais je craignis le présage
et je les effaçai.
Et nous fûmes la proie des coupes,
le luth s’évanouit plus tôt que de coutume.
Et le bois de l’aloès et sa fumée
l’enveloppa de son parfum.
Et l’eau de rose déchira ses vêtements:
Je les lui raccommodai.
Et la lune était là à regarder,
par jalousie, je l’ignorai.
Ô vie dans un temps serein!
Je me délecte de joies.
Dans sa langue je la décrivis,
je la louai et je la blâmai.
Et avec le Coran je défendis celle que j’adorais
et cela me plut.
Et je le mis à l’épreuve.
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 | 8.  È così snello ~ Il est si sinueuse

Poème: Alî Al-Ballan?bî + Adaptation: Jilandas Insana
Musique: Etta Scollo, Peter Hinderthür
Il est si svelte avec ses fesses fermes et son ventre plat
et la beauté ne se mesure pas à lui qui la bat à plate coutureÉveillé il fait se fâcher
l’amante et se réconcilie avec elle dans le sommeil
C‘était comme s’il écrivait distraitement une ligne
et la raye d’un trait sans hésiter.
Il devient rouge de colère quand sa parole
N’est pas sincère et ne garde pas le rythme.
L’épée de son regard transperce mon coeur
Et le sang coule et rougeoie sur son visage
Après la confusion de la tour de Babel
il n’existe plus que la langue de ses yeux
et tu m’accuses et tu ne tiens aucun compte
De l’amante à qui l’amant donna la mort.
Si tu n’avais pas pointé sur elle ton regard,
la gazelle du désert ne serait pas tombée dans les rets de la coupe.
Et je n’ai rien fait de mal:
Je l’ai tiré á moi et le baisai sur la bouche.
Pour luije désarmai mon coeur de lion,
qui bat maintenant comme la perdrix bat ses ailes
et contre toute calomnie j’étais prêt à me remplir
Les mains de ses nouvelles secrètes.
Ô petite gazelle, avant le baiser et l‘étreinte
je ne connaissais pas le goût de la vie.
Mais que demandes-tu d’un amoureux
qui est tombé au fond de la passion? De la fascination
De tes yeux me sauvera
La prière et l’invocation maintes fois répétée
Ou me sauvera l’amour que je nourris
Pour celui qui me défend et me protège?
Et il est au ciel des puissants, lui le soleil des princes
La beauté du pouvoir.
Pour lui je désarmai mon coeur de lion
Qui bat maintenant comme la perdrix bat des ailes.
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 | 9.  Fin quando durerà il mio esilio ~ Combien de temps durera mon exil

Poème: Ibn Hamdis + Adaptation: Biancamaria Frabotta
Musique: Etta Scollo
Combien de temps durera mon exil,
mes amis, malhereusement,
comme mes ennemis,
me laissent mourir de soif,
les lèvres rouges et gonflées,
et en buvant me font oublier toutes
les autres eaux
et réduisent tous mes espoirs à néant.
Il y a des poisons
qui infligent plus que de la souffrance.
je suis trop faible
et on devine trop facilement
toutes mes mauvaises excuses.
Te voilà, mon oeil,
toi mon oeil qui a tout vu à travers
un rideau de larmes,
ravi de ton regard perdu de l‘aube à la nuit.
Et mon corps
ne jette pas d‘ombre parmi les ombres,
et la pluie ne peut assouvir l‘aridité,
et toi traître ma lumière
qui veut éteindre ma ferveur
et ferme à la sage clarté du verbe qui dit:
seul celui qui s‘y est perdu craint l‘absence,
essence du désert.
à moi, pour me repousser.
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 | 10.  Sicilia mia ~ Ma Sicile

Poème: Ibn-Hamdis + Adaptation: Toti Scialoja
Musique: Etta Scollo
Ma Sicile. La douleur désespérée
se renouvelle pour toi dans la mémoire
Jeunesse. Je revois les bonheurs fous perdus
et les splendides amisÔ paradis dont j’ai été chassé!
A quoi bon se souvenir de son éclat?
Mes larmes. Si vous n’aviez pas connu trop d’amertume, vous seriez à présent des rivières.
Les rires d’amour à vingt ans s’évanouissent à soixante en un cri proféré sous la charge.
Mais n’aggrave pas ma culpabilité
si Dieu t’a accordé son pardon
La pénombre se dissipe en altitude
agitée par les voiles de la lumière
Mais cette lumière est un moyen de se détruire
Envoie chercher de la lumière qui perd sa vie.
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 | 11.  Jànchi ~ Blancs

Poème: Ibn-Hamdis + Adaptation: Emilio Isgrò
Musique: Etta Scollo
Mes cheveux sont devenus blancs
et je n’ai plus l’âme à rire et à chanter
car quand les cheveux resplendissent de blancheur
ils créent une nuit noire.
Le soleil de mes années les plus vigoureuses
et les plus généreuses était à son zénith
Quand la sphère de ce soleil se coucha.
Ne connaissez-vous pas la recette
qui fait revenir et se renouveler le temps?
Je teins en noir mes cheveux blancs
en y mettant à l’aube
la nuit pour les couvrir
Mais où trouverai-je une teinture éternelle
moi qui ne sait vivre ma vie
ni ne sait la retenir?
Frais et léger était le vent
et il murmurait, odorant et doux.
Et celle-ci bougea dans la nuit
réveillée par les éclairs qui,
fulminants et noyés de larmes,
pleurent les morts ensevelis dans la terre.
Et tu entendais les coups du tonnerre
contre les nuages
et il te semblait entendre l’étalon
qui séduit la chamelle,
et le ciel se zébrait d’éclairs, haut et bas,
tels des épées étincelant au milieu des airs.
Ce fut une nuit de combat.
Une nuit de désespoir.
Ah jour, jour, apporte-moi la lumière!
Ah, vent, vent quand pleuvra-t-il
sur cette campagne aride?
Apporte-moi les nuages les plus secs
que j’abreuverai de mes larmes
comme j’arrose de pleurs la petite maison où je naquis et grandis,
qu’elle soit à jamais bénie de mes larmes amères.
Et toi, vent secourable qui sonde les nuages,
ne laisse pas mourir de soif
ces murs en ruines et ce silence.
Tu ne sais rien,
mais je peux te dire
que le soleil aveugle fait fondre l’agave
emplissant le temps et l’air de parfums.
Ne t’étonne pas: dans ce village
les pièces des maisons embaument
et toujours l’amour triomphe et trompe
mon coeur amoureux et suppliant.
Là mon sang
là ma lymphe, là ma vie – et là court l’esprit
comme courent les loups vers la montagne.
Là j’eus le lion pour parrain
et je parle à la petite gazelle dans sa tanière.
Ah, mer, mer méchante
et tout repose sur tes épaules, le paradis
où je vécus heureux et sans plaintes!
Là je vis l’aube et maintenant qu’il fait nuit,
j’erre, seul.
Ah mer, mer malheureuse, pourquoi m’as-tu éloigné de la vie?
J’aurais pris le croissant de lune
comme un bateau voguant dans le ciel
qui arrive jusqu’au soleil - et je le presse contre ma poitrine.
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 | 12.  Non credete ~ Ne croyez pas

Poème: Ab??Alî al-Husayn + Adaptation: Valerio Magrelli
Musique: Etta Scollo, Sebastiano Scollo
Ne croyez pas que la larme de mon oeil
a la même substance que mon sang.
Seul mon soupir la fait sourdre.
Le sang est devenu blanc de la chaleur
d’un tison ardent:
si ce tison devait s’éteindre
tout mon sang resterait rouge.
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 | 13.  Apparve ~ Un éclair

Poème: Ibn Bishrî + Adaptation: Valerio Magrelli
Musique: Etta Scollo
Un éclair a fulguré sur le versant de l‘Higiàz,
pour me faire me rappeler Sulma et Sa‘da
et leur souvenir me tourmente.
Il brille comme des épées
qui tournoient au-dessus d‘un manteau d’azur
déployé sur la couleur des ténèbres.
Par Dieu! Comme mon coeur se déchire
à la lueur de l’éclair!
Amants, avez-vous tous été frappés par l’éclair?

La clarté

Poème: Abd ar-Rahmân + Version: Valerio Magrelli
Musique: Etta Scollo
La clarté d’un éclair fulgurant
suscita dans mes yeux le désir
d‘une insomnie inquiète.
Toute la nuit, accompagnées de lueurs,
il tira les lames de ses épées
de l’Occident à l’Orient.
Comme feraient des flèches enflammées
abîmant le manteau des ténèbres
par le feu de l’incendie.

Nuit interminable

Poème: Abd Allah B. Sadûs + Version: Toti Scialoja
Musique: Etta Scollo
Nuit interminable jusqu‘à sembler une éternité,
pour toujours sans l‘espoir de l’aube ni de la lumière.
Ton fantôme m’est apparu en rêve pour me repousser
à ma stupeur: même en rêve tu viens pour me dire adieu.
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